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   Chroniques  La chronique d'ABS 31

Les ondes électomagnétiques : la grande révolution des téléphones portables

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III– La grande révolution des téléphones portables

Dans les années qui suivent son introduction en 1984, le téléphone cellulaire n’est assujetti à aucune règle spécifique. En 1988, l’Institut des radiations non ionisantes de l’IRPA (International Radio Protection Association), qui est à l’époque le principal organisme international travaillant sur les normes sanitaires en matière d’électromagnétisme, commet ce qu’il faut bien appeler une bourde puisque, dans ses recommandations sur les niveaux admissibles des rayonnements en télécommunications, cette commission s’abstient purement et simplement de proposer la moindre règlementation pour les talkies-walkies, les CB, les petits émetteurs terrestres ou marins, en bref tous les appareils de radio-communication qui font moins de 7 watts, sous prétexte que « de tels appareils ne génèrent que des champs très localisés ». Les téléphones portables vont donc bénéficier, pendant des années, de cette mansuétude inespérée, avec leurs champs « très localisés » juste à côté du cerveau ! A l’époque, il n’existe pratiquement aucune recherche consacrée à la téléphonie mobile par micro-ondes. On se contente de citer les résultats obtenus lors des études sur le radar et les ondes radio, et pourtant, en Amérique, au début des années 1980, 35 chercheurs étaient employés par l’EPA (Environmental Protection Agency) pour étudier les effets biologiques des premiers portables et autres engins de communication personnelle. Mais leur budget est sabré en 1987 et la supervision des recherches américaines est confiée à deux organismes qui n’ont pas vraiment les compétences requises : la FDA (Food et Drugs Administration), l’Agence de surveillance des aliments et des médicaments, et la FCC (Federal Commission of Communications), qui régule l’attribution des fréquences et leur compatibilité technique. Ces deux Agences vont réglementer la sécurité sanitaire des téléphones mobiles avec une douceur angélique ; jusqu’en 1993, où un certain David Reynard intente un procès à un fabricant de portables après la mort de sa femme d’un cancer du cerveau : la grande question est posée ; l’utilisation du téléphone mobile peut-elle provoquer le cancer ? Ce procès, et d’autres du même type dans différents états des Etats-Unis se terminent tous par des non lieux, faute de preuves scientifiques ; mais ils signalent une réelle inquiétude du public, relayée par les médias. Alors, on va voir apparaître le même scénario que pour les lignes à haute tension : pendant des années, des recherches vont mystérieusement tomber dans les oubliettes, tant sont puissantes l’influence des fabricants et leur opposition à toute remise en question. Ainsi, le laboratoire Battelle, ou Pacific Northwest Laboratory, un des plus grands centres de recherche américains, lance des études dont les résultats ne sortiront jamais des tiroirs. Même schéma pour les recherches allemandes, annoncées en 1993 par la FGF (Forschung Gemeinschaft Funk, Union de recherche sur la radiocommunication, basée à Bonn) et dont on n’a jamais eu de nouvelles, etc. Bref, l’histoire des recherches scientifiques sur les effets du portable commence mal ! Et pourtant, un certain nombre d’entre elles commencent à semer le doute.

                1 – Une histoire d’œufs !

Parmi elles, celle de Madeleine Bastide, immuno-pharmacologiste et professeur à l’université de Montpellier, spécialiste des études concernant la toxicologie et l’environnement. A partir de 1997, elle travaille sur les champs électromagnétiques en exposant des embryons de poulet, c’est-à-dire des oeufs fécondés dans des couveuses à 38°C. Sur des oeufs exposés à des écrans de télévision ou d’ordinateur, elle observe une mortalité accrue, et chez les survivants une dépression du système immunitaire, de la mélatonine et d’une hormone de réaction au stress, la corticostérone. En 1999, Madeleine Bastide fait la même expérience avec des téléphones portables ordinaires, suspendus à quatre centimètres au-dessus des oeufs. Les résultats sont spectaculaires : 60 à 75% de mortalité des embryons, contre 10% chez les témoins non exposés. Les oeufs ont été irradiés par un téléphone fonctionnant 24 heures sur 24. Ce sont des conditions extrêmes, mais, comme le précise Bastide, « les conditions extrêmes sont une des bases de la toxicologie. Comment croyez-vous qu’on expertise les médicaments ? D’abord par des tests toxicologiques sur l’animal, à hautes doses. On trouverait sur l’animal un effet tératogène aussi intense que celui-là, il n’obtiendrait jamais son autorisation de mise sur le marché ». Le résultat frappe les esprits, mais il faut quand même en relativiser la portée. Les embryons sont des systèmes extrêmement sensibles, et les conditions relativement frustes de l’expérience ne permettent pas d’exclure que le simple dégagement de chaleur des appareils ait pu engendrer ou influencer les résultats. Par ailleurs, l’expérience a été renouvelée pour tester une hypothèse inattendue : une fine grille métallique, censée faire barrage aux micro-ondes, a été interposée entre les téléphones et les oeufs. Et l’effet s’est produit quand même ! Explication : l’effet serait dû au champ magnétique émis par la batterie du portable. Dans ce cas, il suffirait d’insérer le téléphone dans un boîtier spécial, conçu pour faire écran au champ magnétique de la batterie sans bloquer les micro-ondes, pour annuler l’effet néfaste. Ce boîtier existe, il est fabriqué par une petite entreprise française et certains accusent Bastide de collusion commerciale avec le fabricant. Elle rétorque qu’elle n’a aucun lien avec l’entreprise en question. Quoi qu’il en soit, ces expériences laissent sceptiques la plupart des spécialistes, même les plus alarmistes !

Nous voyons là toute la difficulté de tirer des enseignements à partir d’un test particulier sur un unique modèle animal. Seul le croisement de nombreux résultats et d’expériences diverses permet d’avancer des conclusions solides. Or ces résultats existent. Depuis 1993, dans le monde entier, des centaines d’expériences ont été menées en laboratoire sur les signaux spécifiques du téléphone portable, et on compte une dizaine d’études épidémiologiques concernant les usagers. Toutefois, il est difficile de s’y retrouver tant les conclusions de ces études diffèrent d’un laboratoire à l’autre !

2 – Portable et cerveau :

En 1999, un chercheur britannique, Allan Preece, recrute 36 volontaires pour expérimenter l’effet du portable sur les performances mentales. Ces cobayes humains doivent effectuer un certain nombre de tâches, avec ou sans téléphone à l’oreille. Pour la plupart des tests, l’étude ne montre aucune différence, sauf dans un cas, un des tests les plus bêtes et les plus simples qui soient. Il s’agit d’appuyer sur deux boutons, le plus vite possible, dès qu’apparaît sur un écran l’instruction correspondante. Or, dans cette expérience, les chiffres sont formels. Sans téléphone, les volontaires ont mis en moyenne 387 millisecondes pour réagir. Mais, lorsqu’ils sont sous l’influence d’un portable analogique, au bout d’une heure le temps de réaction moyen passe à 384 millisecondes. Et dans le cas d’un portable digital, le chiffre passe à 375 millisecondes. En clair, l’usage du téléphone portable a légèrement accéléré le fonctionnement du cerveau !

Incroyable mais vrai ! Jusqu’ici tous les animaux exposés à des micro-ondes se sont retrouvés plutôt ralentis et déboussolés. Et voici que, sur des êtres humains, le portable exerce un effet de speed, comme une tasse de café ou une amphétamine ! Dans ses conclusions, l’auteur suggère que le très faible échauffement produit pas les ondes a pu favoriser, dans une toute petite zone du cerveau à proximité du combiné, une dilatation des vaisseaux sanguins et une augmentation de l’oxygénation. Pourquoi pas ? En tout cas, cette recherche fait date en montrant que le portable exerce bel et bien une influence sur notre organe le plus sensible. Elle est d’ailleurs confirmée en 2000 par une équipe finlandaise qui applique à deux reprises une douzaine de tests sur 48 volontaires et observe également l’effet d’accélération, aussi bien pour des tests de rapidité, des opérations mathématiques, ou des tests mobilisant la mémoire de travail, un stockage mental des informations sur une durée un peu plus longue. La même année, une expérience à l’Institut du système nerveux central de Moscou retrouve encore cet effet. Sur 24 volontaires, après utilisation d’un portable pendant 15 minutes, l’électro encéphalogramme fait apparaître une activation du cortex.

En fait, toutes ces études présentent un grave défaut : les expériences sont de courte durée, on mesure les tracés cérébraux ou les performances après une heure ou deux d’exposition, mais on n’a guère de données sur les effets d’une exposition chronique, c’est-à-dire répétée pendant des mois ou des années, comme c’est le cas dans la vie réelle. Or les recherches sur les micro-ondes montrent souvent une inversion de l’effet quand on passe aux longues durées. C’est ce que semblent montrer quelques cas connus de techniciens professionnels de la téléphonie mobile qui, après une utilisation extrêmement intensive, de plusieurs heures par jour, souffrent de sérieux troubles de la mémoire. On doit aussi remarquer que les tests, vu leur simplicité, mobilisent une zone très ponctuelle du cerveau, tandis que la plupart de nos efforts mentaux exigent la coopération de plusieurs centres cérébraux. Une modification qui toucherait un seul de ces centres pourrait perturber l’ensemble du réseau, en décalant sa synchronisation.

3 – Portable et sommeil :

En 2000, une équipe de l’université de Zurich rapporte qu’une exposition de trente minutes à un portable digital suffit à modifier certaines caractéristiques de l’électro-encéphalogramme pendant la première phase du sommeil, et cela de façon identique pour les deux hémisphères du cerveau, à la surprise des chercheurs qui s’attendaient à des résultats plus prononcés du côté où le sujet place le portable. L’effet se traduit par une stimulation de l’activité cérébrale et peut durer jusqu’à cinquante minutes.

Certaines expériences montrent une augmentation des périodes d’éveil pendant la nuit et une légère stimulation de la vigilance et de la rapidité des réflexes.

Une conclusion se dégage de toutes ces recherches sur l’activité éveillée et sur le sommeil : on a bel et bien mis en évidence un « effet biologique » du portable sur le cerveau, d’une ampleur suffisante pour influencer le comportement, et, pour une fois, tous les chercheurs sont d’accord sur ce point. Certes on ignore encore ses conséquences sur la santé, mais personne ne peut plus soutenir, comme ce fut le cas pendant des années que les rayonnements du portable nous traversent sans exercer la moindre action, comme si nous étions transparents aux micro-ondes.

4 – Migraines, vertiges et autres..

Outre les migraines dont se plaignent les utilisateurs du portable, il y a aussi les vertiges, des sensations de chaleur anormale, des picotements autour des tempes, des troubles de la vision ou de l’audition, une fatigue nerveuse.

Face à ces troubles temporaires, la science se sent désarmée. Pourtant, quelques chercheurs courageux ont attaqué ce problème.

En 1988, 11 000 utilisateurs suédois et norvégiens remplissent un questionnaire proposé par le chercheur Kjell Hansson Mild. On leur demande de décrire leurs désagréments et d’estimer le nombre et la durée moyens de leurs communications téléphoniques. Les problèmes les plus souvent mentionnés sont les migraines et la fatigue. On note aussi des vertiges, des pertes de mémoire, des difficultés de concentration et des sensations de chaleur autour de l’oreille. L’étude montre que l’intensité de ces symptômes est corrélée avec la durée d’utilisation du portable.

Une autre étude est publiée en novembre 2000 dans la revue Environmental Health Perspectives. Réalisée à Singapour, elle montre que les utilisateurs de portables se plaignent plus souvent de migraines que des populations témoins. L’augmentation est d’environ 30%. En Australie, on dispose des données recueillies par Bruce Hocking, l’homme qui a dirigé pendant 18 ans les études médicales chez l’opérateur public Telstra. En octobre 2000, il publie dans la revue Occupational Medicine un article qui met en évidence, sur un seul sujet, une modification mesurable des réactions dans les nerfs situés à proximité de l’oreille droite. C’est une première, mais il faudrait bien sûr obtenir des confirmations sur d’autres cas.

5 – La barrière sang-cerveau :

Que l’on nomme aussi, en jargon médical barrière hémato-méningée ou barrière hémato-encéphalique. Cette barrière est une sorte de filtre à l’entrée de tous les vaisseaux sanguins qui mènent au cerveau, qui empêche l’irruption d’une bonne partie des molécules circulant dans le sang, afin de protéger cet organe éminemment fragile. Si cette barrière devient plus perméable, on peut craindre des conséquences catastrophiques, comme l’entrée de toxines, de métaux lourds, de bactéries ou de virus. Mais le phénomène possède aussi un autre revers : si cet effet se confirme, on pourrait l’utiliser délibérément à des fins thérapeutiques, pour la chimiothérapie du cancer par exemple – jusqu’ici, les grosses molécules des médicaments anticancéreux ne parviennent jamais jusqu’au cerveau.

En 1997, Leif Salford et Bertil Persson, à l’université de Lund en Suède, montre que les fonctions biologiques sont plus sensibles que l’on croit aux micro-ondes. Surtout à de faibles taux d’absorption spécifique (Tas), de 1 mW/kg précisément. Ce qui correspond à une valeur inférieure à la norme OMS à ne pas dépasser, fixée elle à 80 mW/kg pour le public. Ses expériences ont porté sur plus de mille rats exposés aux ondes hyperfréquences des deux familles de téléphones portables existantes. Résultat : de l’albumine traverse la barrière hémato-encéphalique derrière laquelle se trouve le cerveau. Fait encore plus étonnant, la fuite de cette protéine est davantage marquée pour des Tas faibles que forts. Ce qui, en clair, correspond aux effets passifs du mobile. Comment des champs plus faibles ont-ils une activité biologique plus forte ? D’après Leif Salford, les signaux de faible puissance mimeraient certains signaux électriques que l’on trouve chez le rat. Signaux qui commanderaient notamment d’ouvrir pour un temps la barrière hémato-encéphalique. Et le Suédois de rappeler que de faibles augmentations d’albumine dans le cerveau sont un facteur favorisant des maladies neurodégénératives telles que l’Alzheimer. D’autres études ultérieures n’ont pas reproduit l’effet. Mais le doute subsiste.

Silke Winters, une jeune allemande, a réalisé un modèle in vitro de la barrière sang-cerveau. Les résultats sont clairs : des molécules d’albumine et de fibrinogène se retrouvent dans les cultures exposées au rayonnement du portable, et pas dans les échantillons témoins. Pour la première fois on tient un résultat au niveau cellulaire. L’hypothèse gagne du terrain. Elle est même prise très au sérieux par les militaires. Depuis 2 ans, certains experts se demandent si le « syndrome de la guerre du Golfe » dont souffrent des milliers d’anciens combattants et qui consiste en une fatigue chronique, et des troubles neurologiques sans cause apparente, n’aurait pas été lié à une ouverture de la barrière sang-cerveau, provoquée par les nombreux appareils militaires à micro-ondes utilisés pendant cette campagne, aussi bien pour les télécommunications, les radars, le guidage des missiles, etc.

6 – Des expériences surprenantes et un seul homme : Henry LAI

Dès 1980, cet enseignant chercheur en bio-ingénierie s’intéresse aux effets des radiofréquences sur l’organisme. Ses premières expériences montrent comment les ondes modifient l’effet de drogues comme la morphine, les amphétamines, les barbituriques ou l’alcool. L’explication probable est qu’elles agissent sur la synthèse des neurotransmetteurs (substances chimiques de l’organisme permettant aux cellules nerveuses de transmettre leurs messages) par les cellules du cerveau.

En étudiant un autre neurotransmetteur, l’acétylcholine, il constate qu’une courte exposition de 20 minutes stimule sa production, qu’une séance plus longue la diminue et que des irradiations répétées finissent par entraîner des modifications durables dans la chimie du cerveau.

Ces effets semblent particulièrement marqués dans deux zones, le cortex frontal et l’hippocampe, qui jouent un rôle majeur dans les fonctions de mémoire et d’apprentissage.

Henry Lai défend également depuis longtemps l’hypothèse selon laquelle l’onde électromagnétique agit comme un stress. Cet effet est confirmé par d’autres découvertes : les ondes activent dans le cerveau la production d’une hormone, le CRF (facteur de libération de la corticotropine) qui signale une réaction au stress, et elles modifient la sensibilité des récepteurs des benzodiazépines, une catégorie de médicaments qui inclut le Valium, le Temesta ou le Lexomil, bien connus pour leur action antistress.

Récemment, l’équipe britannique de David de Pomerai a fait sensation en publiant dans Nature, la plus prestigieuse des revues scientifiques, des résultats qui montrent une activation des protéines de choc thermique (ou protéines de stress) chez une espèce de vers de terre. Les chercheurs ont utilisé pour leur expérience des téléphones portables ordinaires, et les mesures montrent clairement que l’effet se produit à des puissances non thermiques. Les ondes du portable seraient donc perçues par les cellules comme un facteur de stress.

Mais la découverte la plus inquiétante et la plus discutée d’Henry Lai concerne l’effet génotoxique, les dommages causés à l’ADN. A partir de 1994, Lai utilise une nouvelle méthode d’analyse dite « test COMET » ou électrophorèse sur microgel ! Dans cette technique, les fragments d’ADN cassés migrent sous l’action d’un champ électrique et se disposent sur la plaque du microscope comme des queues de comète. Dans un premier temps Lai et son confrère Singh testent l’effet de champs magnétiques alternatifs, et constatent un taux anormal de cassures de l’ADN. Puis ils se penchent sur les micro-ondes à 2,45 gigahertz, continues ou pulsées. Des rats sont exposés pendant deux heures en continu, à des puissances cent fois supérieures à celle des téléphones mobiles, puis ils sont immédiatement sacrifiés et les tissus cérébraux soumis au test COMET. Là encore on voit une augmentation des cassures de l’ADN par rapport aux animaux témoins, de l’ordre de 20% en plus pour les ondes continues et 30% pour les ondes pulsées.

Ces résultats comptent parmi les plus dramatiques qu’on ait jamais produits en laboratoire à propos du portable. Il faut savoir que les cellules nerveuses ont une faible capacité à réparer leur ADN, on peut donc imaginer des effets cumulatifs à long terme, menant soit à la cancérisation, soit à un taux élevé de morts cellulaires, comme dans les maladies d’Alzheimer ou de Parkinson.

En 1987, Lai et Singh montrent également que ces lésions génétiques peuvent être empêchées par un apport de mélatonine ou d’autres substances connues comme « pièges à radicaux libres ». Les ondes électromagnétiques agiraient donc sur l’ADN parce qu’elles auraient stimulé la création de radicaux libres, des molécules très réactives, capables d’infliger de multiples dégâts aux cellules.

Evidemment, un résultat dans un seul laboratoire n’est jamais suffisant. Très vite, d’autres équipes s’y mettent. Le fabriquant Motorola finance deux réplications sur un modèle expérimental différent, à savoir des cellules en culture. L’une d’elles, menée par Joseph Roti-Roti à Saint Louis, donne des résultats négatifs. L’autre, due à Jerry Phillips à Loma Linda, confirme les conclusions de Lai. Selon Phillips, Motorola lui demande alors de ne pas publier ces résultats. Il refuse et perd ses crédits de recherche venant du fabricant. Selon Motorola, on n’aurait pas tenté d’empêcher la publication, mais on aurait fait valoir à Phillips que ses résultats « avaient besoin d’une clarification ».

Depuis, plusieurs laboratoires ont reproduit ces expériences de façon plus fidèle et n’ont pas retrouvé les cassures d’ADN. En conséquence, cet effet, aussi spectaculaire soit-il, n’est pas actuellement pris en compte par la majorité des chercheurs chargés d’évaluer les risques sanitaires du portable. Pour sa défense, Henry Lai fait valoir qu’à la suite de ces découvertes dérangeantes on a supprimé tous ces crédits de recherche sur le portable, et qu’il n’a donc pas pu travailler pour tenter d’expliquer les contradictions entre laboratoires. « Les industriels du portable ont réagi par la défensive, ils ont cherché à réfuter mes travaux et à bloquer mes financements, au lieu que tout le monde travaille ensemble pour comprendre ce qui se passe exactement. C’est stupide, et contraire à l’intérêt général. Nous venons de perdre des années, bêtement ».

7 - Le cancer :

Après avoir traversé la peau, les muscles du visage et les os du crâne, les ondes électromagnétiques atteignent, à 2 cm de profondeur, la région la plus superficielle – mais aussi la plus sensible – du cerveau : le cortex, ou écorce cérébrale. L’énergie électromagnétique est convertie en chaleur (autre forme d’énergie), provoquant une élévation de la température du tissu cérébral. « Au niveau du cortex, cette augmentation est d’environ 1°C », explique Luc Verschaeve au Vlaamse Instelling voor Technologisch Ondeerzoek, à Mol (Belgique). Tout se passe exactement comme dans un four à micro-ondes, sauf qu’ici c’est le centre du corps humain qui subit un échauffement. « Si l’on téléphone régulièrement et pendant de longues périodes, il n’est pas impossible que l’effet thermique finisse par léser l’ADN cellulaire et provoquer des tumeurs cancéreuses », précise Luc Verschaeve.

En effet, l’ADN des chromosomes porte les gènes qui programment l’ensemble des caractéristiques de la vie ; il suffit que l’un d’entre eux soit lésé pour que les mécanismes vitaux soient perturbés.

« Pour qu’un cancer apparaisse, il faut que l’altération de l’ADN se situe au niveau du gène à l’origine de la protéine p53 », précise Caroline Moyret-Lalle, chercheur au centre de lutte contre le cancer Léon-Bérard à Lyon. « Ce gène est dit « suppresseur de cancer » parce que la protéine p53 qu’il induit s’oppose à la cancérisation de la cellule lorsque celle-ci est agressée. Quand ce gène est lésé, la protéine p53 est déficiente et ne protège plus le génome ».

L’altération de l’ADN par les ondes électromagnétiques a été montré par l’équipe du Dr Anne-Marie Maes. En 1993, elle publiait dans Bioelectromagnetics, une revue scientifique américaine de référence, les résultats d’une expérience qui consistait à soumettre, in vitro, des cellules sanguines humaines (des lymphocytes) à des champs électromagnétiques de 2 450 MHz, mais à des puissances cent fois plus élevées que celles des portables. La distance d’exposition était comparable à celle d’un téléphone mobile, et la durée d’émission variait de 30 minutes à deux heures, sans interruption. Les chercheurs belges ont constaté des altérations de l’ADN des chromosomes, d’autant plus nombreuses que le temps d’exposition était long.

Deux ans plus tard, une autre expérience (également publiée dans la revue Bioelectromagnetics), effectuée par l’équipe du Dr Henry Lai, du laboratoire de pharmacologie de l’université de Washington à Seattle (Etats-Unis), confirmait les travaux du Dr. Maes.

Dans le cadre d’une étude présentée en novembre 1998, lors d’un congrès scientifique à Vienne (Autriche), le Dr Anne Marie Maes a refait son expérience sur les lymphocytes humains. Mais, cette fois, elle a utilisé les mêmes fréquences que les téléphones cellulaires. Là encore, elle a constaté des altérations au sein des chromosomes.

En 1998, le Dr Henry Lai a également refait ses expériences avec les fréquences de la téléphonie mobile : les résultats étaient similaires à ceux de ses expériences précédentes.

Chez la souris, le lien entre portables et cancer a été établi en mai 1998 par une équipe australienne du Royal Adelaide Hospital, conduite par le Dr Michael Repacholi. Ces

travaux ont fait l’objet d’une publication dans Radiation Research, une revue scientifique américaine de haut niveau.

Les souris développent très rarement des cancers, même dans les pires conditions environnementales. Les chercheurs ont donc utilisé des souris génétiquement programmées pour développer un lymphome, cancer du système lymphatique. Deux lots de 101 souris ont  été constitués. L’un a été exposé pendant 18 mois à des champs électromagnétiques de même fréquence et rayonnant à la même puissance que les téléphones cellulaires, tandis qu’un groupe témoin était placé dans des conditions normales. Parmi les souris soumises au rayonnement électromagnétique, 43 ont développé un lymphome, contre 22 dans le groupe témoin.

Ces résultats ont été cependant contestés par les fabricants de portables, qui ont fait valoir que, dès lors que les animaux étaient programmés pour développer un cancer, on ne pouvait attribuer les tumeurs aux ondes électromagnétiques. Il n’empêche que l’exposition aux ondes a entraîné deux fois plus de cancers.

D’une façon générale tous les résultats mettant en cause la téléphonie mobile sont systématiquement rejetés par les fabricants de portables. Le Dr Henry Lai, qui travaillait sous contrat avec Wireless Technology Research (WTR) une société sous la tutelle de fabricants de téléphones mobiles, s’est vu refuser la publication de ses travaux parce qu’ils démentaient le credo des fabricants. Par deux fois, la société WTR lui a retourné sa copie afin qu’il y apporte des retouches : « ils me demandaient d’interpréter différemment mes résultats afin de les rendre plus favorables à la téléphonie mobile », s’insurge le chercheur.

La même mésaventure est arrivée au biologiste américain Ross Adey, qui effectuait une étude pour le compte de Motorola, l’un des géants mondiaux de la téléphonie mobile. Comme le fabricant refusait d’admettre ses conclusions, à savoir l’effet nocif des ondes électromagnétiques sur des animaux de laboratoire, il a préféré arrêter sa collaboration scientifique. « Tout se passe comme autrefois avec les fabriquants de cigarettes, qui refusaient de révéler toutes les études montrant les dangers du tabac », proteste Henry Lai. Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

Or, s’il y a un lien entre portable et cancer, il doit se retrouver dans les statistiques. Le nombre de décès par tumeur maligne du cerveau au cours des dix dernières années (en France) pour les deux sexes, et d’après le service d’information de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale : en 1987, on en dénombrait 2119, contre 2774 en 1996, soit une augmentation de 31% !

Le taux d’incidence (nombre de nouveaux cas dépistés chaque année) des cancers du cerveau n’est pas connu. En revanche, la Direction générale de la santé (qui dépend du ministère de l’Emploi et de la Solidarité) dispose du taux d’incidence de l’ensemble des cancers du système nerveux central entre 1975 et 1995 ; il s’agit à 90% de cancers de l’encéphale ; 6% sont des cancers des méninges cérébrales et les 4% restants concernent une zone autre ou non précisée du système nerveux. Autrement dit les cancers du tissu cérébral constituent la quasi-totalité des cancers du système nerveux central. Or, en 1975, ces derniers étaient au nombre de 2263 et, en 1995, on en comptait 4651, soit un petit peu plus du double ! Selon le Dr laurence Chérié-Challine, attachée à la division « Observation de la santé-alerte », à la Direction générale de la santé, « l’augmentation du nombre de tumeurs cancéreuses s’explique avant tout par un dépistage plus efficace. Ce qui n’exclut pas que des phénomènes environnementaux soient en cause. L’hypothèse d’une responsabilité des ondes électromagnétiques des portables est sérieusement prise en compte. Seule des investigations plus poussées permettront de déterminer leur rôle exact ».

En attendant que la lumière soit faite, certains malades qui s’estiment victimes du portable sont déterminés à aller en justice pour obtenir réparation. Tel est le cas de Ralph Mills, un habitant de Harlow (Essex, Angleterre), chez qui les médecins ont découvert une tumeur de la grosseur d’une balle de ping-pong au-dessus de l’oreille droite, du côté où il plaçait le combiné. En Grande Bretagne, le réputé cabinet d’avocats Leigh Day & Co compte déjà 24 clients désireux de poursuivre des fabricants de portables.

En Grande Bretagne, toujours, Richard Branson, le patron de la société Virgin, conseille désormais à son personnel, à la suite du décès par cancer du cerveau de son meilleur ami, de munir leurs portables d’un écouteur et d’un micro afin d’éloigner le plus possible le combiné de la boîte crânienne.

                8 - Un rapport britannique :

                A ce jour, l’effort le plus complet pour recenser et évaluer les résultats scientifiques existants sur les effets biologiques et sanitaires du portable est un rapport commandé par le ministère britannique de la Santé en avril 1999. Le rapport paraît le 11 mai 2000. Il est abondamment repris et commenté par les médias du monde entier. Ses conclusions sont tellement prudentes et circonstanciées qu’elles ont pu être interprétées dans des sens opposés. Bref, en conclusion le rapport recommande d’appliquer « une approche de précaution ».

Mais il reconnaît aussi que certaines personnes peuvent être génétiquement prédisposées à une fragilité particulière. Tout le monde n’est pas égal face au risque. Il existe aussi des différences entre les classes d’âges. Parmi les précautions suggérées dans le rapport, voici la phrase qui a fait couler le plus d’encre : « L’usage banalisé du portable par les enfants, à l’exception des appels essentiels doit être combattu. » Les raisons invoqués sont les suivantes : tout indique que le cerveau des enfants absorbe plus de rayonnement que celui des adultes ; l’ensemble du crâne est plus petit, les os sont plus minces et font moins écran, les tissus et les neurones sont en croissance et donc à la fois plus conducteurs, plus absorbants et plus sensibles aux agressions ; on peut calculer que les ondes pénètrent plus profondément et atteignent des zones du cerveau normalement hors d’atteinte ches les adultes ; enfin, s’il existe un effet cumulatif des doses reçues, plus on commence tôt, plus on est exposé à long terme.

Les autres conseils de précaution concernent les normes de puissance, l’information des consommateurs et la poursuite des recherches.

Sur la recherche d’ailleurs, le rapport exhorte à la poursuite des efforts, au financement d’un programme de grande envergure portant sur les questions les plus préoccupantes, et, à l’instauration d’un organisme de contrôle et de certification qui mesurerait notamment l’efficacité exacte des kits mains-libres et des divers dispositifs présentés comme protecteurs.

Reste une partie qui discute longuement les problèmes soulevés par les antennes-relais à proximité des habitations et des lieux publics (nous en reparlerons plus loin).

Le texte du rapport se termine ainsi : « Le groupe d’experts recommande que la question des effets possibles du téléphone portable sur la santé donne lieu à un nouveau rapport dans 3 ans, ou plus tôt si les circonstances l’exigent ».

Vous pouvez télécharger le bulletin d'inscription à ABS 31 (format pdf, 8 Ko), en cliquant ici.

  
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