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   Chroniques  La chronique d'ABS 31

Les ondes électromagnétiques (3ème partie)

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III – QU’EN EST-IL AUJOURD’HUI ?

        Une recommandation européenne de juillet 1999 fixe une restriction de base à 100 µT (= 1000 milligauss) pour le champ magnétique émanant d’une source ou appareil électrique à destination du public. En vigueur dans la plupart des pays de l’Union européenne, elle ne garantit que l’absence d’effet grave des champs magnétiques, au niveau du système nerveux central. Mais cette limite ne tient absolument pas compte des effets biologiques à moyen ou long terme. Dès les premières études internationales sur les leucémies infantiles à proximité de lignes à haute tension (à partir de 0,4 µT), les Suédois ont prôné une limite de 0,2 µT pour le rayonnement magnétique 50 Hz.

        Cette limite sert aujourd’hui de référence à la plupart des chercheurs indépendants. En Suède notamment, où les pouvoirs publics sont particulièrement précautionneux quant aux possibles effets biologiques des champs magnétiques à long terme.

        1 - Notre environnement électromagnétique :

        Il faut être réaliste, avec l’explosion des appareils ou des dispositifs électriques, nous sommes de plus en plus exposés aux rayonnements magnétiques. Certes la preuve absolue de leur nuisance n’a pas été établie, on manque de preuves et de certitudes, puisque la plupart des recherches donnent des résultats contradictoires d’un laboratoire à l’autre. A partir de là, on peut choisir de voir le verre à moitié plein ou le verre à moitié vide, selon sa philosophie, son tempérament, ses intérêts…D’âpres débats ont lieu aujourd’hui concernant le « principe de précaution ». Y a-t-il, à partir des recherches qui suggèrent des effets nocifs, suffisamment de biscuits pour que les experts et les politiques décident des mesures protectrices qui peuvent coûter cher aux entreprises. Nous en reparlerons… ! Mais quoi qu’il en soit, bien avant toute intervention des Etats, chacun peut appliquer pour soi-même et son entourage « l’approche de précaution ». C’est-à-dire apprendre à évaluer son propre environnement électromagnétique et faire en sorte, quand les champs sont importants, de ne pas s’exposer plus que de raison.

        A – A la maison :

        Impossible de rejeter l’utilisation de l’aspirateur, du sèche-cheveux, ou du radio-réveil. Mais une simple précaution d’emploi qui consiste à s’éloigner des moteurs électriques suffit souvent à limiter les doses reçues. Nous y reviendrons.

        B – Au bureau :

        On retiendra trois sources essentielles de surexposition :

  • le micro-ordinateur rayonne particulièrement par l’arrière du moniteur. D’où un problème spécifique posé pour les salariés travaillant en vis-à-vis ;
  • la lampe de bureau à halogène placée à 20 centimètres du plan de travail,
  • les faux planchers qui se multiplient pour masquer les réseaux de câblage, multiprises et autres petits transformateurs.

        C – Les transports :

En plus des trains (TGV notamment) et du métro où les compteurs explosent, l’automobile nous réserve de sérieuses surprises. Au niveau des pieds des conducteurs et des passagers et à celui des tableaux de bord, les seuils incriminés par les études médicales (leucémies, fausses couches) sont souvent largement dépassés. Dans les modèles haut de gamme, l’électronique doublée de la présence d’une batterie sous le plancher expose particulièrement les passagers.

        En mai 2002, la revue Sciences et Avenir établissait que sur 60 véhicules mesurés, 5 seulement présentaient des champs magnétiques inférieurs au 0,4 µT cité dans certaines études épidémiologiques ; 30 rayonnaient à l’intérieur de l’habitacle entre 0,4 et 2 µT ; 15 affichaient des intensités nettement supérieures à différents endroits, jusqu’à 18 µT. A la suite de cette enquête, le Dr. De-Kun Li s’est montré inquiet : « Les champs mesurés (…) devraient être pris en compte aussi sérieusement que ceux qui émanent de toutes les autres sources (appareils, lignes à haute tension, etc.). En termes de santé, les implications qui en découlent sont bien plus importantes que celles liées aux appareils domestiques : aux Etats-Unis, conduire est une nécessité, et il semble impossible d’échapper à la pollution électromagnétique automobile, alors qu’il est toujours possible de se tenir à distance d’un appareil domestique qui rayonne. ». Bien sur, il est impossible de déterminer aujourd’hui à partir de quelle durée et pour quelle intensité l’exposition aux champs électromagnétiques peut être néfaste à long terme ; « C’est comme se demander combien de cigarettes il est possible de fumer par jour avant de développer un cancer ! » conclut l’expert suédois Kjell Hansson Mild, (chercheur au National Institute for Working Life à Umea (Suède), et auteur, depuis 10 ans, d’une cinquantaine d’études médicales sur les effets biologiques des rayonnements imputables à l’électricité, notamment chez les employés de compagnies électriques et ferroviaires suédoises – Kjell Hansson Mild fut le premier à suspecter la pollution magnétique à l’intérieur des voitures - ). Aujourd’hui, ce chercheur envisage des solutions : « Après l’étude que nous avons publiée en 2000 concernant « les aberrations chromosomiques dans les lymphocytes périphériques des conducteurs de train »’, les compagnies de chemin de fer suédoises ont commencé à chercher à modifier leurs machines motrices pour que les conducteurs soient moins exposés » !

       D – Alerte aux taxis, voyageurs de commerce et motards :

Pour les professionnels de la route (chauffeurs de taxis et VRP par exemple), ou encore pour les motards, les mesures s’affolent. Avec 8 heures par jour dans leur véhicule, certains chauffeurs professionnels sont 12 fois plus exposés que les autres. Les taxis sont indéniablement les plus touchés. A bord, CB, GPS et compteurs sont autant d’appareils électriques qui favorisent l’apparition, la multiplication et l’intensité du phénomène. Pour preuve des mesures effectuées dans une Mercedes appartenant à une célèbre compagnie de taxis parisiens : au niveau des pédales, le chauffeur est en permanence exposé à 5 microtesla (µT). Sur son siège, on relève plus de 1 µT. Même constat pour la banquette arrière où les clients sont installés. Des résultats alarmants selon le Pr. Pierre Le Ruz, biophysicien spécialiste des champs électromagnétiques. « Bien sûr, un client n’a rien à craindre car il ne sera exposé que le temps d’une course mais le chauffeur de taxi, lui, passe chaque jour plus de 8 heures au volant. De quoi entraîner des conséquences biologiques». Des contacts avec les syndicats de taxi ont révélé que cette profession n’est pas sensibilisée à ce problème. Pourtant, il semblerait que certains chauffeurs présentent les troubles observés chez des personnes exposées à des lignes à haute tension. En témoignent les propos de M. Sahnoun, chauffeur de taxi parisien : « J’ai acheté mon véhicule en 1998. Depuis, je souffre d’insomnies et je suis constamment fatigué. On ne peut pas dire que ce soit lié à la difficulté du métier parce qu’avant, je n’avais aucun problème ». Dans son véhicule M. Sahnoun baigne dans un champ magnétique de plus de 1 µT. Un résultat qui dépasse les 0,4 µT favorisant le risque de leucémie selon le Centre international de recherche sur le cancer (Circ).

        Mais les chauffeurs de taxi ne sont pas les seuls professionnels de la route touchés par ce phénomène. Parmi les métiers les plus sensibles, celui de VRP. « Ma voiture c’est mon outil de travail, raconte Bruno Schneider. Je fais plus de 50.000 km chaque année. Pour la sécurité de ses salariés, l’entreprise pharmaceutique qui m’emploie fournit des véhicules équipés des dernières options comme les Airbags dans les dossiers, etc. Dans ce type de voiture, j’avais des douleurs. Je connaissais le problème des champs magnétiques car j’avais été, par le passé, exposé à une antenne relais. J’ai donc fait des mesures dans la voiture et j’ai trouvé plus de 2 µT sur la banquette arrière. J’ai autour de moi des collègues visiteuses médicales qui souffrent d’insomnies et qui n’arrivent pas à avoir d’enfants. Elles passent la plupart de leur journée au volant de véhicules dotés des dernières options. J’ai beau expliquer que les champs magnétiques sont peut-être responsables de leurs problèmes, c’est un sujet tabou dont elles ne veulent pas parler » !

Si personne ne peut se passer de l’électricité, encore faut-il savoir l’utiliser et la maîtriser sans ignorer les risques qu’elle engendre.

        2 – Vingt ans d’études en laboratoire :

        Impossible de citer toutes les études réalisées en laboratoire sur les effets biologiques des champs électromagnétiques d’extrêmement basse fréquence : outre le fait que leur nombre avoisine aujourd’hui – depuis les premières entreprises il y a 20 ans – la centaine, la plupart sont réfutées par certains scientifiques. Ces derniers s’acharnent à démontrer qu’elles sont difficilement reproductibles ou que les modèles animaux (souris, rats, mouches ou embryons de poulet) sur lesquelles elles reposent présentent une résistance aux rayonnements en cause bien moindre que celles des êtres humains.

        Ces études scientifiques ont mis en évidence chez les animaux des problèmes de perméabilité de la membrane cellulaire, de dysrégulation et/ou de multiplication cellulaire, différentes perturbations des réponses immunitaires et des modifications immunologiques. Sans oublier la promotion tumorale ou la carcinogenèse par étapes.

        Trois études sont éloquentes. La première, menée aux Etats-Unis, a porté sur 1000 femmes enceintes et fait la démonstration qu’une exposition brève à un champ magnétique relativement faible – 1,6 microtesla (µT) – suffit à doubler les risques de fausses couches avant dix semaines. Fait troublant, entre 1995 et 1999, une augmentation de 10% par an du nombre de fausses couches en France. Une augmentation sans explication officielle et qui mériterait une étude spécifique pour établir s’il existe un parallèle avec l’augmentation des pollutions magnétiques.

        La deuxième étude vient du Centre international de recherche sur le cancer et met en garde contre les risques de leucémie chez l’enfant. Là, une exposition prolongée et régulière (5 heures) à moins de 1 m d’un écran d’ordinateur pourrait suffire. Un exemple qui doit faire réfléchir les parents de gamins accros aux jeux vidéos !

        La troisième s’appuie sur deux expériences simples où des salariés exposés à des champs magnétiques moyens (de 0,4 à 12µT) ont vu leur système immunitaire s’effondrer avant de redevenir normal après un déménagement.
        Quant à notre environnement professionnel et domestique, le bilan est inquiétant puisque nous sommes au-delà des limites préconisées par les Suédois (0,2µT).

        A – Pics et fausses couches :

        En croisant quelques instants seulement un champ magnétique élevé, les femmes enceintes ont deux fois plus de risques de faire une fausse couche.

        Publiée en janvier 2002, l’étude du docteur De-Kun Li, épidémiologiste au Kaiser Foundation Research Institute (Oakland, Californie), jette un nouveau pavé dans la mare. Menée entre 1996 et 1999, cette étude a consisté à mesurer si la pollution magnétique présente dans notre environnement pouvait, ou non, avoir une incidence sur les grossesses.

        Mille femmes américaines ont ainsi été invitées à porter durant 24 heures un dosimètre, appareil miniature capable d’enregistrer les niveaux de champs magnétiques auxquels elles étaient exposées tout au long de la journée. Conclusion de l’étude en janvier 2002 : parmi celles qui ont croisé, ne serait-ce que quelques instants durant leur journée de test, un champ magnétique d’intensité supérieure ou égale à 1,6 µT, on a relevé deux fois plus de fausses couches que chez celles qui n’avaient pas été exposées à cette intensité, avec un risque accru durant les dix premières semaines de la grossesse. L’étude a aussi noté 20,5% de fausses couches chez les femmes exposées régulièrement à des champs supérieurs ou égaux à 1,6µT, contre 8,2% chez celles soumises régulièrement à des champs inférieurs à 1,6µT. « Durant l’étude, chaque femme devait tenir un journal de bord, raconte le Dr. Li. Et indiquer l’environnement dans lequel elle se trouvait durant la journée de mesure : à la maison et au lit, à la maison mais pas au lit, au travail, en transport en commun, ou ailleurs. Nous n’avions pas pour objectif d’établir précisément la source des pollutions magnétiques qu’elles rencontraient. Mais nos résultats ont montré qu’à part au lit, les femmes avaient exactement les mêmes chances de croiser un champ de 1,6 µT d’intensité dans n’importe lequel des quatre autres environnements définis par nous ».

        En démontrant les effets des pics de champs magnétiques sur la grossesse, cette étude remet en question la notion d’exposition chronique ramenée à une moyenne sur 24 heures utilisée dans toutes les études épidémiologiques sur les leucémies infantiles.

Une étude sur 1000 femmes enceintes - Le chiffre seuil : 1,6 µT - L’équivalent : un champ émis par un radio-réveil à 30 cm de la tête

        B – Risques de leucémies :

        Exposés régulièrement à des champs magnétiques faibles, les enfants voient augmenter de façon significative la possibilité de développer une leucémie avant 15 ans. 

        Juin 2001 : Après 10 ans d’études épidémiologiques, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) pousse enfin l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à revoir la position des extrêmement basses fréquences (ELF : Extremely Low Frequencies) dans son classement des substances et des ondes nocives. Considérées jusqu’alors comme « non cancérigènes », les ELF – de 1 à 100 kilohertz (kHz) – montent dans la catégorie 2b des produits « peut être cancérigènes ».

        L’OMS se range ainsi du côté des scientifiques qui multiplient et croisent les études épidémiologiques sur la santé des populations les plus exposées aux champs magnétiques des basses fréquences imputables à l’électricité (50-60 Hz). Qu’il s’agisse des conducteurs de train électrique, des employés de compagnie d’électricité ou des riverains de ligne à haute tension, quinze ans d’études ont montré toute une liste de pathologies chez les sujets les plus exposés à ces champs magnétiques. Pour pousser l’OMS à prendre sa décision, le Circ s’est fondé notamment sur une méta-analyse des différentes études européennes concernant les enfants vivant à proximité de lignes à haute tension. Il en ressort qu’exposés en moyenne sur 24 heures à des champs magnétiques à partir de 0,4µT, les enfants voient augmenter de façon significative leurs risques de développer une leucémie avant l’âge de 15 ans.

        S’apparentant  à un « principe de précaution », la décision de l’OMS est assortie de la mise en chantier de différentes études pour confirmer, ou non, les effets biologiques délétères des extrêmement basses fréquences. En interrogeant sur Internet la base de données des études médicales de l’OMS, on en découvre un peu plus de 25 sur le sujet, suivies de la mention « en cours » et de premiers résultats prévus pour 2003-2004. Ces études sont pour certaines épidémiologiques, pour d’autres expérimentales. Surprenant quand on sait qu’en dix ans, plus d’une cinquantaine d’études internationales ont prouvé en laboratoire l’existence d’effets biologiques délètères sur les animaux. Ces travaux ont été réfutés par les scientifiques officiels, faisant valoir que les orgnismes vivants ne sont pas tous également résistants. Et qu’un effet biologique mesuré sur une souris n’est pas forcément le même chez l’homme. Devrions nous en conclure la même chose pour les vaccins et les médicaments !!! (ndlr).

Une exposition prolongée à 0,4 µT - L’équivalent : un champ émis par un écran d’ordinateur.

        C – Baisse des défenses immunitaires :

        Une étude récente montre que travailler dans un environnement magnétique provoque un effondrement du système immunitaire. Il suffit de déplacer les salariés pour que leurs analyses redeviennent normales. Les Dr. Laurence Bonhomme-Faivre et Frédérique Szabazson, ont mesuré les paramètres immunologiques de personnes exposées durant trois mois à des champs magnétiques variant de 0,4 à 12 µT provenant d’un transformateur. Les lymphocytes totaux, les CD8 (cellules de l’immunité) et les NK (« natural killer ») de ces personnes présentaient des valeurs inférieures à celles des normes du laboratoire. Cette étude confirme un premier travail réalisé en 1998, où nous avions décrit des problèmes hématologiques et immunologiques chez des sujets exposés dans les mêmes conditions comparativement à une population témoin. Dans les deux études, ces personnes ont été soustraites de l’exposition. Ultérieurement, de nouveaux prélèvements ont permis de constater que leurs paramètres immunitaires avaient significativement remonté : ce qui va dans le sens d’une imputabilité de l’effet à l’exposition. Des études complémentaires seront nécessaires pour confirmer ces observations. Plusieurs publications montrent que les champs électromagnétiques peuvent entraîner une diminution des défenses immunitaires, ce qui peut être un des mécanismes qui concourent à l’augmentation de cancers.

        D – Autres… :

        Que disent exactement les expériences en laboratoire ? Des animaux (le plus souvent des rats ou des souris) reçoivent des rayonnements soigneusement calibrés, en même temps que des groupes témoins qu’on place exactement dans les mêmes conditions, sauf que les générateurs ne sont pas branchés. Ensuite, on peut faire tous les tests possibles pour voir si les animaux irradiés présentent des symptômes particuliers.

        En théorie cette méthode est rigoureuse et fiable. En pratique, c’est beaucoup moins évident. Les animaux n’ont pas les mêmes caractéristiques ni la même sensibilité que les humains par rapport aux champs – les rongeurs, par exemple, seraient dix à vingt fois moins affectés que nous par les courants induits. Il faut donc administrer des puissances plus fortes, ce qui ne fait pas toujours appel aux mêmes mécanismes et rend délicates les comparaisons. Par ailleurs, les expositions en laboratoire ne sont pas forcément équivalentes à ce que les hommes rencontrent chez eux ou au travail. Au laboratoire, on crée les champs les plus « propres » possibles – uniformes, réguliers, faciles à mesurer, ou en jargon professionnel, sinusoïdaux. Alors que dans l’environnement les champs sont multiples et varient constamment, ce qui contribue peut-être aux effets nocifs. Bref, il ne faut pas compter sur les expériences animales pour connaître le fin mot de l’histoire. Mais elles fournissent des indices, dans un sens ou dans l’autre, soit pour rendre plausible un effet constaté sur l’homme, soit au contraire pour jeter le doute.

        Voici les constatations qui ont été faites chez nos cousins les rats, les souris, les cochons d’Inde, les chiens, les singes, les porcs, les moutons, les hamsters, les lapins, les grenouilles, les escargots, les salamandres…

        Comportement et système nerveux. Des tests de mémorisation ou de temps de réaction, sur des singes, indiquent un ralentissement. Des rythmes du cerveau captés par l’électroencéphalographe sont modifiés – plutôt accélérés pendant les premières semaines, puis ralentis au bout de deux mois. Toujours chez le singe, on voit des troubles du rythme circadien et de l’alternance veille-sommeil.

        Neurotransmetteurs. Ces messagers chimiques du cerveau, chez le singe ou le rat, subissent des réductions de 20 à 30%. On l’a constaté sur un grand nombre de ces molécules, à commencer par les plus usuelles (dopamine, sérotonine, acétylcholine). On voit aussi certains taux augmenter après une exposition courte.

        Cœur et système vasculaire. On mesure des accélérations cardiaques chez le singe, le rat, le pigeon ou la grenouille.

        Sang et système immunitaire. Sur les rats et les souris, on trouve souvent des baisses de globules rouges et de globules blancs (lymphocytes, leucocytes, monocytes, éosinophiles, polynucléaires neutrophiles).

        Hormones. On observe des dérèglements de plusieurs hormones, notamment une augmentation des hormones liées au stress comme l’ACTH et la corticotropine.

        Développement embryonnaire. L’exposition permanente d’œufs de poule pendant toute la gestation a donné, dans une expérience espagnole très controversée, jusqu’à 80% de malformations sur les embryons. Le même protocole, à proximité d’un écran d’ordinateur, fait augmenter d’environ 50% la proportion de foetus mort-nés.

        Reproduction. Des porcs exposés croisés avec des porcs non exposés donnent, à la troisième génération, un poids moyen inférieur et plus de malformations congénitales. Une étude sur 7 générations de rats montre une augmentation des avortements spontanés et des malformations, et une diminution du nombre de petits par litière. Des souris exposées ont des problèmes ovariens menant à la stérilité.

        Cancer. Chez des souris et des rats, on voit parfois une augmentation des lymphomes, des tumeurs mammaires (chimiquement induites) ou des cancers de la peau (chimiques ou greffés).

        Gènes et ADN. Toujours chez le rat et la souris, quelques expériences montrent des dégâts génétiques visibles, des cellules aux noyaux rétrécis (« micronoyaux »), des ruptures des brins d’ADN.

        Une autre approche en laboratoire consiste à irradier non pas des êtres vivants mais des cellules prélevées ou des micro-organismes, cultivés dans des petites soucoupes transparentes qu’on appelle boîtes de Pétri. L’avantage est qu’on peut obtenir des résultats rapides et facilement quantifiables. L’inconvénient est qu’il est difficile de passer de l’échelle cellulaire à celle de l’organisme entier, notamment pour prédire un problème de santé. Parmi les milliers de réactions possibles, on a retenu surtout celles qui pourraient intervenir dans la cancérisation des cellules – donc les mécanismes qui augmentent la prolifération, inhibent la différenciation, perturbent l’expression de certains gènes et les voies de transduction des signaux. On a cherché des protéines qui signalent l’activation de gènes liés au cancer. On a aussi tenté de voir directement des mutations génétiques, et notamment les cassures des brins d’ADN. Et on a testé la capacité des cellules à réparer leur ADN après une agression. Dans toutes ces directions, une partie des recherches a mis en évidence des processus de cancérisation, avec une relation entre la dose et l’effet – les effets sont plus importants quand les intensités sont plus fortes.

        Enfin, il existe quelques expériences sur l’homme. Les études sur les volontaires humains se déroulent nécessairement à court terme, quelques heures, parfois une semaine ou deux, et c’est leur principale limite. Si, comme on peut le supposer d’après les données de l’épidémiologie, les problèmes de santé surviennent après des expositions répétées et prolongées sur des mois ou des années, ces expériences de laboratoire ne permettent guère de trancher sur la question des risques. Elles peuvent néanmoins apporter des éléments. Voici la liste de symptômes qu’on a pu obtenir sur des humains en laboratoire : désynchronisation et raccourcissement du rythme circadien, diminution des performances intellectuelles, modifications de l’électroencéphalogramme, trouble du sommeil, baisse de la production de mélatonine par la glande pinéale, augmentation des oestrogènes chez les femmes, diminution de la testostérone, chez les hommes, ralentissement du rythme cardiaque et arythmie.

        E – Une hormone sous surveillance : la mélatonine

1987 : d’après Richard Stevens, un chercheur du Pacific Northwest National Laboratory dans l’Etat de Washington, nous possédons, dans l’endroit le plus profond et le plus protégé du cerveau la glande pinéale qui, malgré sa petite taille, voit passer le plus important flux sanguin de l’organisme, ex æquo avec les reins. La glande pinéale secrète plusieurs hormones, en suivant des rythmes diurnes et nocturnes. Parmi ces hormones, il y a la mélatonine, produite uniquement pendant la nuit et dans l’obscurité. Certains la considèrent comme une régulatrice du sommeil, et elle peut être prescrite pour combattre les effets du décalage horaire après de longs trajets aériens. Mais, avant tout, la mélatonine semble une substance protectrice contre les cancers hormono-dépendants (cancers du sein, de l’utérus, des ovaires, des testicules, de la prostate). Elle protège par une double action : préventive comme anti-oxydant et piège à radicaux libres, ce qui protège l’ADN des substances toxiques, et curative par une action inhibitrice sur certaines tumeurs. Or, dans les pays développés, on constate à la fois une baisse générale des niveaux de mélatonine et une augmentation des cancers hormono-dépendants. Le rythme circadien de la mélatonine, avec son pic au cœur de la nuit, semble particulièrement lié à la lumière. On a donc incriminé un changement de notre environnement lumineux. Nous avons désormais des éclairages artificiels la nuit et une luminosité artificielle le jour. Mais des recherches montrent que les champs électromagnétiques de 50 à 60 hertz auraient également une action sur la glande pinéale et la mélatonine.

Une synthèse de ses travaux présenté par le rapport RAPID fait état de 11 études sur la mélatonine chez des volontaires humains, qui, prises ensemble, donnent de façon consistante une réduction, alors que toutes les autres analyses de sang humain citées dans ce rapport n’ont donné aucune différence concernant les hormones. En 1998, Scott Davis, du Fred Hutchison Cancer Research Center à Seattle, étudie deux cents femmes munies d’un détecteur portable de champs magnétiques, ainsi que de détecteurs installés dans leur chambre à coucher. Un doublement du champ magnétique pendant la nuit entraîne une baisse de 8% de la mélatonine mesurée dans l’urine, un triplement provoque une réduction de 15%.

1997 : Robert Liburdy, au laboratoire national Lawrence Berkeley, montre qu’un champ magnétique de 60 hertz à une puissance de 12 milligauss inhibe l’action anticancéreuse de la mélatonine et aussi de plusieurs médicaments comme le tamoxifen. Ce serait dû à une désensibilisation des cellules, en d’autres termes à un blocage des récepteurs de la mélatonine situés sur leur membrane. Bref, l’hypothèse de l’action des champs sur la mélatonine gagne du terrain même si on ne connaît pas le mécanisme exact de cette influence.

        F – Le domaine clinique :

        Parallèlement aux différentes études de laboratoire, l’angle d’étude qui permet aujourd’hui de se faire la meilleure opinion est aussi celui que la science a le plus de mal à manipuler, quand elle ne refuse pas carrément d’en tenir compte. Il s’agit de l’examen de cas individuels, de familles ou de petits groupes très ciblés. En médecine, on appelle ça le domaine clinique, et les observations qu’on y fait sont souvent précieuses. Ici, on parlera plutôt d’enquêtes sur cas-témoins.

  • Premier exemple :

        Une visite de la médecine du travail découvre chez une femme de 47 ans des troubles du rythme cardiaque qu’elle n’avait pas l’année précédente. Les examens complets ne trouvent aucune cause. Puis le médecin fait le rapprochement avec le nouveau bureau qu’elle occupe depuis neuf mois, où elle se plaint que l’écran d’ordinateur scintille et fluctue jusqu’à donner le mal de mer. On s’aperçoit alors que le bureau est situé au-dessus de 2 transformateurs, on mesure les champs magnétiques dans le bureau, on trouve 230 milligauss, avec des pics à 315 milligauss. Il a suffi que la patiente change de bureau pour que les troubles cessent, en quelques mois. Pour le transformateur, on a refait le câblage et posé une plaque de blindage, les champs ont été réduits de 20 fois. Cette affaire a été suivie par le médecin du travail Dr. Suzanne Deoux, consultante en santé environnementale, appartenant à un corps de métier récent, encore peu représenté, celui des experts indépendants spécialisés dans les effets de l’électromagnétisme.

  • Deuxième exemple :

        Laurence Bonhomme-Faivre, chef de service à l’hôpital Paul-Brousse à Villejuif constate que les transformateurs, les groupes électrogènes et les câblages haute tension dans les sous-sols de l’hôpital dégagent dans les pièces au-dessus des moyennes de 12 à 66 milligauss au niveau du sol, 3 à 15 milligaus à hauteur d’homme. Elle peut donc étudier 13 personnes qui passent plus de 8 heures par jour dans cet endroit, et 13 témoins du même service travaillant dans d’autres locaux. Les analyses de sang montrent, pour le groupe exposé, des baisses de plusieurs types de cellules immunitaires. La même zone a été mise à profit pour étudier des souris, et on a vu chez certains animaux des baisses de globules rouges ou de leucocytes. Les résultats ont été publiés dans les revues Environment Health et Life Sciences en 1998.

  • Troisième exemple : Coutiches

Après l’installation d’une ligne à haute tension à Coutiches, les habitants ont ressenti divers troubles de santé. EDF a racheté une partie du village. Tout en niant sa responsabilité.

        Coutiches, village du nord de la France. Fin des années 80, EDF décide d’y installer une ligne à haute tension. L’ambiance est électrique ! Deux fois 400 000 volts vont surplomber certaines maisons. Malgré les protestations et la mobilisation des habitants, la ligne est installée. Dès 1991, un protocole d’accord entre la municipalité et EDF crée deux commissions, l’une pour la mesure des niveaux de champs, l’autre pour le suivi médical, sous la direction du Pr. Paul Pèlerin à Lille. « D’importantes dispositions pour une ligne qui n’était pas censée poser de problèmes » se souvient Jean-Marie Provincial, un ancien habitant de la commune ! Or, « 15 jours après la mise en marche, des maux de tête sont apparus. Puis, l’herpès, l’eczéma, j’ai même eu un zona », se souvient JM Provincial. Sans compter la fatigue chronique et les réveils nocturnes ».

       En 1994, lors d’un colloque à l’Assemblée nationale, le rapport du Pr. Pèlerin fait état d’hypernervosité, de vertiges, de nausées , d’hypotension, de troubles visuels et surtout d’insomnies, qui touchent particulièrement les enfants. Tous ces troubles disparaissent dès que les résidents passent quelques jours loin de chez eux, et, lorsque les enfants vont dormir une nuit ailleurs, leur sommeil est normal. Quant aux bilans sanguins, ils montrent chez 30% des sujets une carence en fer. En 1999, toujours devant l’Assemblée Nationale, une équipe de l’hôpital Saint-Vincent à Lille, dirigée par Eric Hachulla, présente une étude précise et régulière chez 91 habitants de Coutiches vivant à moins de 200 mètres des lignes, avec des tests comparatifs sur une population témoin vivant un peu plus loin. L’étude est publiée en 2000 dans l’European Journal of Internal Medicine. Les résultats montrent un profil sanguin singulier, inconnu de la médecine, une « pseudo carence en fer ». On parle de pseudo carence car l’organisme ne manque pas réellement de fer, mais le sang en exhibe tous les signes habituels. Bref, le métabolisme du fer a été bizarrement modifié et emprunte des voies détournées, chaotiques, sans qu’on puisse dire si le phénomène est dangereux pour la santé à long terme.

Quatre habitants de Coutiches dont Jean Marie Provincial  décident de pousser plus loin l’investigation médicale : « Nous sommes allés au CHU de Lille faire des examens. Un myélogramme a mis en évidence une surcharge en fer dans les cellules de la moelle osseuse. En revanche, une scintigraphie a révélé que des organes de réserve, comme le foie et la rate, n’avaient plus de stock en fer. Nous ne souffrions pas d’une carence mais d’une mauvaise répartition du fer dans l’organisme ».

Des résultats qui mènent Jean-Marie Provincial à s’interroger sur un voisin décédé en 1992. « Malgré ses 91 ans, c’était un homme en pleine santé qui n’hésitait pas à prendre sa voiture pour rendre visite à ses enfants à 50 km d’ici. Il vivait 24h/24 sous la ligne, que ce soit dans son jardin ou sa maison. Lorsqu’il montait se coucher, il était à peine à 15 mètres des conducteurs. Plus tard, j’ai su par un médecin du CHU de Lille qu’il était mort d’un myélome, une tumeur de la moelle osseuse ». Jean-Marie Provincial poursuit : « En 1994, la compagnie d’électricité de l’Ontario, Hydro Québec et EDF ont publié une étude épidémiologique conjointe sur le risque de cancers liés à l’exposition professionnelle aux champs magnétiques de très basses fréquences entre 1970 et 1989. Une des conclusions de cette étude : les employés dont l’exposition cumulée aux champs magnétiques était supérieure à la médiane (3,1 microtesla multipliés par le nombre d’années) avaient un risque accru de leucémie myéloïde aiguë. Etonnant ! »

        Las de ne pas être entendues, 21 familles quittent Coutiches. Les problèmes de peau, les sommeils perturbés, les carences en fer : c’est bien finis pour eux ! Mais aujourd’hui de nouveaux habitants vivent à Coutiches. Attrait de la vie rurale ? Pas vraiment ! Les maisons rachetées par EDF ont d’abord été mises à la disposition des salariés de la compagnie. Des employés ont été engagés pour entretenir les pelouses des maisons inoccupées…il ne fallait surtout pas montrer que la zone était vide. Puis il y a eu la revente à des prix défiant toute concurrence. Des maisons proposées au tiers de leur valeur, de quoi faire abstraction de la triste vue d’une ligne à haute tension. Pour ce qui est des bilans de santé, nul ne semble s’en plaindre. « Les bilans sanguins ont été arrêtés. Selon le laboratoire, EDF ne payait plus les analyses » conclut Jean-Marie Provincial. Oublié le principe de précaution et la politique d’enterrement des lignes prônée par EDF. Treize ans après, rien n’est réglé !

En tout cas, c’est la première fois qu’on tient un effet biologique bien caractérisé sur toute une population vivant sous les lignes. Les auteurs signalent le même profil sanguin chez les habitants d’un autre village du nord de la France surplombé par des lignes, Bollezeele. 

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