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Jardinage biologique   La défense des cultures : La lutte contre les prédateurs 

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1 - Les limaces et les escargots

Les escargots sont rarement dangereux. Ils mangent surtout les feuilles des salades qui poussent au contact du sol. Le hérisson s'en nourrit, pour autant qu'il en trouve.

Par contre les limaces sont capables de faire des invasions et de se multiplier, surtout les petites limaces grises.

Une des causes d'invasion de limaces est le fumier pur, ce qui ne doit pas se produire dans notre jardin, puisque tout est  composté

a - Les pièges à limaces

  • Les tuiles : selon l'importance de l'invasion, les tuiles sont placées dans les allées, en tête des planches. On place du son au-dessous (une poignée par tuile). La limace vient manger la nuit et reste sous l'abri. Il suffit de visiter les pièges et de ramasser les envahisseurs.
  • La bière : bien entendu la recette est anglaise ! C'est un fait d'observation : les limaces sont fortement attirées par la bière. On met de la bière dans une assiette qui est placée sur le sol, dans la planche de salades. Les limaces viennent boire et plongent sous l'assiette, probablement ivres-mortes. Il reste le ramassage à faire la matin.

b - Les anti-limaces

  • Bouillie cuprique : comme nous sommes obligés de l'utiliser pour les tomates, pommes de terre et vignes, on pulvérise le sol où se trouvent les limaces (semis). Pulvériser légèrement, peu fréquemment : les limaces n'aiment pas le cuivre.
  • Les soies de porc : en semer en surface sur les lieux à protéger. Les limaces se piquent et ne survivent pas.
  • Le métaldéhide (alcool solidifié) est l'anti-limace le plus courant. C'est un poison dont nous devons nous dispenser. Il y va de la santé du sol, des salades à "protéger" et de celle des consommateurs.

Toutes les pratiques précédentes doivent être utilisées et l'on n'a recours au méta qu'en cas d'invasion catastrophique.

Placer le poison sur les chemins et surtout pas sur les planches. C'est un des rares cas où l'agriculture biologique accepte, pour ceux qui sont contraints et forcés, l'emploi exceptionnel et bref d'un  poison mangé par le prédateur.

Il convient d'apprécier ce que fait le maraîchage chimique en empoisonnant le sol à outrance d'anti-limaces et en traitant jusqu'au dernier jour (ce qui est interdit par la loi...) les laitues contre les pucerons

Les sols de culture intensive sont de plus en plus imprégnés et les plantes qui suivent sont perturbées par ces poisons (rémanence). Cette situation se retrouve également en grande culture où les produits de traitement du sol et des plantes se contrarient entre blé et betterave.

 

2 -  La chasse à la main

a - La piéride du chou

C'est un petit papillon blanc. Dans le petit jardin, en surveillant bien ses choux, on reconnaît la ponte du papillon : un amas d'oeufs jaunes sous les feuilles. Il suffit de les écraser.

Les oeufs donnent naissance à des chenilles vertes qui, après avoir dévoré les feuilles vont se chrysalider sur les murs, les pierres etc. et recommencer une autre génération de papillons pondeurs.

b - Le doryphore de la pomme de terre

Les oeufs sont de couleur jaune soufre, les larves grasses de couleur orange ; les insectes sont rayés jaune et noir. On peut écraser les oeufs, ramasser les larves et les insectes pondeurs.

En général, et surtout dans le jardin  biologique, les doryphores ne sont pas un fléau mais il convient toutefois de bien surveiller ses pommes de terre et d'intervenir si besoin.

c - La coccinelle

C'est le plus précieux de nos auxiliaires parmi les insectes. Elle est citée ici, au milieu des ennemis de nos plantes pour bien apprendre à le reconnaître afin d'éviter des erreurs d'identité qui nous la feraient détruire.

  • les oeufs sont de couleur orange (et non jaune soufre comme le doryphore).
  • les insectes portent des points et non des raies et ce n'est pas pour rien qu'elles sont appelées les bêtes à bon dieu.

Ramasser piérides et doryphores et les donner aux poules mais mettre tous ses soins à préserver les coccinelles et surtout éviter les traitements que nous serions obligés de faire même avec des produits non toxiques pour l'homme mais qui peuvent l'être pour les coccinelles et les abeilles en cas d'abus.

d - Les insectes volants

Le piégeage, s'il couvre moins de surface, est efficace sous condition d'utiliser un appareil qui a fourni ses preuves.

Le piège est fort simple. Il est composé d'un récipient en plastique dans lequel on met l'eau plus l'appêt. Il est recouvert d'un entonnoir lumineux pour attirer les nocturnes. tout insecte qui entre ne peux plus en sortir.

Un crochet sert à le pendre aux branches bases d'un arbre contre le tronc. On peut contrôler également les vols importants des parasites, s'il s'en produit dans la région.

 

3 - Le piégeage

a - Les courtilières

Elles sont également appelées taupes-grillons, c'est le véritable bull-dozer du jardin.

  • en été les larves se cachent sous les tas de fumier, composts, terreau : à partir de mai, installer les pièges à courtilières : enterrer en bordure de planche un pot à fleur de sorte que le haut se trouve au ras de la terre.

          La recette qui indique qu'on doit prendre une boîte afin d'y mettre de l'eau est à éviter. Bien au contraire, le pot aura un trou ; si on prend une boîte de conserve par exemple,           la percer afin de permettre à l'eau de s'écouler s'il pleut.

          Ce piège peut recevoir des passagers utiles qu'il faut éviter de noyer (carabe doré). Donc, lors de la visite matinale, on les délivre. Par contre, la courtilière avec ses pattes           fouisseuses ne peut jamais grimper une paroi lisse.

  • en automne : installer de petits tas de fumier ou de compost à la place des pots. Les courtilières hivernent dessous.

b - Les fourmis

Là aussi en cas d'invasion, renverser des pots à fleurs sur les passages. Ne pas les toucher pendant plusieurs jours, le temps que les fourmis y installent leur logement. Détruire ensuite ces fourmis ou les transporter ailleurs.

Ne pas oublier que les fourmis se nourrissent des exsudats des pucerons et que certaines espèces les emportent dans la fourmilière pour les élever ; autant de moins dans le jardin.

En général, l'invasion d'un végétal par les fourmis signifie que ce végétal est en état de moindre résistance ; les pucerons l'attaquent ; les foumis, attirées par les pucerons, y viennent en nombre. Les fourmis sont souvent moins la cause que le symptôme !

c - Les vers blancs

C'est la larve du hanneton, qui attaque les racines des plantes, surtout les vivaces : artichauts et fraisiers. On enfouit des déchets de laine brute qui les détruisent. En cas d'attaque sérieuse dans l'environnement (déséquilibre écologique), il est recommandé d'acheter des rognures de toison brute appelées chiquettes, qui servent en même temps de fumure organique à décomposition lente. (Tenir ce fertilisant organique enfermé. Les chiens domestiques qui ont perdus leurs instincts naturels risquent de les manger et d'en mourir).

d - Les altisses ou puces de terre

Nous les avons déjà rencontrées et appris qu'elles attaquent les crucifères : choux, navets, radis etc. dès la levée, surtout en période de sécheresse.

Par conséquent, éviter la sécheresse au moment où la plante sort de terre et jusqu'à celui où les feuilles sont suffisamment développées pour ne plus souffrir des piqûres de puce. donc, mouiller légèrement (bassiner) avec un arrosoir à pomme fine, plusieurs fois par jour si besoin, afin d'éviter le sec sur les petites feuilles et la surface du sol. Si cela ne suffit pas, pour éviter les piqûres, mettre dans de l'eau un peu de savon noir (du savon, pas du détergent). Le savon est employé dans plusieurs bouillies comme mouillant et insectifuge.

utiliser également les mêmes produits que pour les prédateurs de petite taille : cendre de bois tamisée et lithothamne à épandre avec la poudreuse.

 

4 - Le ver du poireau

Il mérite une mention spéciale car les poireaux de culture maraîchère chimique sont traités suffisamment pour que des producteurs "soucieux de la santé des voleurs" placent des pancartes indiquant "poison" à l'entrée des parcelles de poireaux. Qu'on se le dise, car l'annonce est également valable sur les marchés (où elle ne figure malheureusement pas) !

a - Les traitements préventifs

  • au semis : le poireau se défend mieux, surtout en culture biologique, quand on le cultive en semis direct, sur place (sans repiquage). Il est donc utile de prévoir une partie de sa production en culture directe. Bien entendu, si le semis est attaqué (avant que la plante er le sol soient devenus résistants) on aura recours au traitement curatif (Cubérol).
  • au repiquage : après arrachage et habillage, qui est la taille des racines et des feuilles :

    - les laisser sécher au soleil (n'hésitez pas !) pendant deux ou trois jours étendus sur le sol.

    - praliner dans une bouillie suffisamment claire pour bien pénétrer partout.

Pralinage :

  • confectionner une bouillie à base d'argile et de lithothamne. Il y a d'autres recettes de bouillie de pralinage.
  • tremper les racines dans cette bouillie et laisser imbiber. Pour  le poireau on peut aussi faire tremper le plant entier
  • puis laisser sécher
  • rouler dans le lithothamne sec
  • repiquer
  • arroser trou par trou, à l'arrosoir.

Ce traitement, particulièrement brutal, tue le ver et renforce la plante qui démarrera de plus belle.

b - Les traitements curatifs

1. En pulvérisation après coupe

  • couper au ras du sol les poireaux attaqués par les vers et brûler les feuilles
  • pulvériser sur la coupe une solution de sel de mer à 25 g par litre ou de savon noir à 40 g par litre

2. En pulvérisation sans coupe : préparer :

  • une infusion de sauge + absinthe + lait
  • ou décoction de feuilles de noyer
  • ou une macération de feuilles de tomates.

Infusions : verser l'eau qui bout sur le produit. Laisser infuser 5 minutes.

Décoction : faire bouillir les plantes dans l'eau pendant un quart d'heure. Laisser refroidir.

Macération : laisser tremper les plantes dans l'eau froide pendant deux jours.

  • le purin d'ortie préparé selon la méthode bio-dynamique a la propriété de fortifier le sol et la plante.

Il faut se garder de détruire les orties. L'ortie est une plante particulièrement utile et efficace en culture biologique (au point que certain n'hésite pas à la cultiver).

c - Les pièges et répulsifs

  • Le souci est une plante répulsive. On utilise quelques pots à fleurs qu'on place, après dépotage, dans la planche des poireaux.
  • Les fanes de pommes de terre sont placées en couvert. On ignore si l'action est répulsive, attractive ou fortifiante de la végétation, mais la présence d'un couvert de fanes renforce nettement la végétation du poireau.
  • Les coquilles d'oeufs sont placées sur des bâtonnets fichés dans le sol sur la ligne des poireaux. Elles servent de refuge aux papillons (teigne du poireau) au moment de la ponte. Ils se trouvent complètement dévoyés. Une telle installation leur fait oublier la plante sur laquelle ils doivent déposer leurs oeufs.

d - Les produits du commerce

Ce sont les insecticides à base de pyrèthre (poudre à punaises) ou de roténone, vendus sous diverses marques qu'on doit essayer d'éviter, suaf le cas d'attaque des semis ou d'attaque victorieuse  malgré les traitements biologiques que nous avons indiqués.

Dans ce cas, c'est l'environnement qui est affecté et les teignes ailées échappent au poison pour venir dans notre jardin.

Les insecticides non toxiques pour l'homme en auront raison.

e - Les traitements en association

Carottes + poireaux : l'association est bénéfique aux deux plantes et maléfique à leur parasite respectif. On peut donc dire qu'"ils se chassent mutuellement leur ver".

Planter deux rangs de carottes puis deux rangs de poireaux et ainsi de suite pour autant qu'on en aura besoin. Semer carotte et poireaux ou semer carottes et repiquer poireaux, selon la saison et la libération de la place.

Il reste le traitement chirurgical applicable à ceux qui ont peu de poireaux, de la patience et une bonne vue. Il faut un greffoir parfaitement aiguisé qui fera office de scalpel et une pince dite brusselle pointue.

Au lieu de couper le poireau au ras du sol, on le fend et on cherche le ver qui est visible. Il suffit de l'extraire à la pince et de refermer la tige ouverte.

Comme on le voit, l'arsenal est vaste et il serait de mauvaise foi de continuer à affirmer qu'il n'y aurait plus de poireau ni autres légumes si l'on ne traitait pas avec les poisons sortis des laboratoires chimiques. Nous avons d'autres moyens que le poison pour veir au secours des poireaux ; par contre, il n'y a pas d'autre moyen que le poison pour créer le profit de ceux qui le fabriquent.

(A suivre : les préparations maison)

Bibliographie :

Cours de jardinage biologique "Vie et   Action " par Agrobios 

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